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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 08:10
Discours de Roseline Roblain, Préfète lors du 11 novembre 2018

Discours du 11 novembre 2018, à l’occasion du Centenaire de l’Armistice de la guerre 14-18. 

 
 

Je tiens à remercier l'Administration communale d'avoir accepté, en ce centenaire de l'Armistice, la halte du cortège dans notre cour d'école, afin de rendre dignement   hommage à nos élèves et professeurs morts pour Notre Patrie.

 

Merci aussi aux enfants pour le travail de mémoire et de recherche,  aux étudiants présents. Les enfants et leurs instituteurs seront ravis de vous voir découvrir leur mini -exposition sous le porche avant de quitter notre cour. 

 

La cérémonie de ce jour n'aura certes pas le panache de l'inauguration de mai 1949 du Mémorial en bronze dont la célébration  avait été effectuée dans un moment sensible, dans un après-guerre encore fort meurtri des atrocités et douleurs en tous genres du conflit mondial. Le bâtiment de l'Athénée royal  lui-même venait juste d'être restauré après des années d'occupation et de désolation. 

 

La plaque en bronze reprenant les victimes des deux guerres fait écho à la plaque en marbre noir fixée à l'intérieur du bâtiment et honorant, elle, la mémoire des victimes civiles et militaires de 14-18.

Une plaque en pierre à la mémoire du résistant Jacques Poncin, ancien élève,   est également placée à l'intérieur de notre école, occupée par les Allemands, en 14 comme en 40. 

 

En 1949, cet événement était poignant et préparé avec la ferveur patriotique due.

L’abbé Laruelle, curé –Doyen de Neufchâteau, est venu bénir la plaque en présence de hautes personnalités. 

 

Les jeunes étudiants de notre Athénée et leurs professeurs qui ont assisté à l'hommage de leurs pairs avaient tous vécu dans leur cœur et leur chair les désastres de la guerre. 

 

Des enfances, des adolescences, des familles sacrifiées, meurtries dans les privations, la peur, et la perte d'êtres chers.

 

Des anciens étudiants de cette époque sont peut-être présents aujourd’hui dans l’assemblée. J’en connais au moins un, car, mon père, étudiant de l' Athénée, en 1949, a assisté,  à l'âge de 15 ans, avec tous ses camarades et professeurs,  avec beaucoup d'émotion et de respect, à ce vibrant hommage  et le voilà  69 ans plus tard, comme nous tous, dans le même lieu,  pour la même raison : 

 

célébrer la mémoire de jeunes gens  que la vie appelait à tous les projets et  qu'un conflit militaire a fauchés, 

célébrer leur héroïsme et leur dévouement aux autres, 

et surtout  leur exprimer  notre gratitude car nous ne les oublions pas. 

 

Pourtant, dans une cour d'  école, tout est prétexte à explosion de joies et de rires.

 

Si je peux me permettre une petite anecdote, le préfet de l’époque, Monsieur Charles Roger, soucieux de la bonne tenue de ses élèves pour la circonstance, les avait réunis pour rappeler la nécessité d’une tenue vestimentaire correcte et classique. C’était le tout début de la mode des pantalons pour les filles. Notre Athénée était déjà mixte. 

Mais le terme « pantalon » n’était pas très usité. On parlait de garçons en culottes courtes. 

Le préfet, pour s’assurer d’être bien compris, termina son discours ainsi : « Donc, Mesdemoiselles, ce jour-là, vous mettrez une jupe. Vous ne viendrez pas encore avec des culottes ! »…  ce qui déclencha, comme vous l’imaginez, le rire approbateur et les réflexions amusées des garçons.

 

Ainsi donc, la joie de rire  dans un pays en paix est un  Joyau. 

 

Puissent  nos jeunes, ici présents, prendre conscience du trésor qu'ils ont entre les mains et de l'importance de préserver la paix, de ne pas cultiver et alimenter les tensions au nom  de différences inhérentes à la diversité des peuples. 

 

 Le bonheur est simple dans un pays en paix mais si fragile … Les différents conflits armés dans le monde,  voire aux portes de l'Europe, et qui mènent à tant d'atrocités, nous rappellent les souffrances de cette grande guerre dont nous espérons ne plus jamais  avoir à endurer les  affres. 

 

Pour la Mémoire de nos élèves et de nos professeurs privés de leur vie par attachement à la Patrie, merci. 

 
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