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  • : Le blog retrace le plus régulièrement et le plus fidèlement possible la vie à Neufchâteau (Luxembourg-Belgique).
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Arsène Geubel, membre-fondateur et président d’honneur du cercle « Terre de Neufchâteau », est décédé il y a un peu moins de trois ans.

Né à Arlon, avec son frère jumeau Léopold, le 31 décembre 1913, aurait eu 100 ans cette année.

Son parcours scolaire est tributaire des pérégrinations de son père, géomètre, chef des travaux aux chemins de fer vicinaux. Après ses études primaires à Arlon puis à Saint-Servais, les études secondaires se déroulent chez les Jésuites à Namur puis à Liège. C’est à l’université de Liège qu’il poursuit sa formation en philologie classique.

Après avoir enseigné deux ans à Seraing, il arrive à Neufchâteau en 1938 comme professeur à l’Athénée Royal. Il y fait la connaissance de sa future épouse Juliette, et y fera toute sa carrière académique jusqu’en 1976, année de sa retraite.

 

Parallèlement à sa carrière d’enseignant, il s’intéresse assez rapidement à tout ce qui touche l’archéologie, l’histoire et le patrimoine de la région.

Il va fouiller, dès 1936, avec son ancien professeur Jacques Breuer, à Tongres notamment. Il participera également à plusieurs campagnes de fouilles organisées, à Arlon, par le Service des Fouilles des Musées royaux d’Art et Histoire, toujours sous la houlette de Jacques Breuer. En 1937-1938 il découvre une pierre portant l’inscription OROL (Orolaunum qui met fin aux supputations sur l’origine du nom d’Arlon-la-Romaine) et en 1944, c’est la découverte de la tour romaine. Dès 1942, il est le promoteur et l’initiateur des nombreuses campagnes de fouilles de tombelles celtiques en Ardenne et plus spécialement aux alentours de Neufchâteau. Mais cela ne lui suffit pas. Accompagné de François Bourgeois et de Joseph Mertens, il va étudier et fouiller les petites églises rurales souvent éventrées à cette époque par des travaux. Il rejoindra la Commission nationale des fouilles dont il assumera la vice-présidence dès 1963. Arlon, tombelles celtiques, églises rurales et autres trouvailles plus modestes et isolées, font que Arsène Geubel ouvre pratiquement tous les chantiers archéologiques de la province.

Pendant la guerre, il se met au service des Musées royaux d’Art et d’Histoire qui entame un inventaire photographique du patrimoine artistique. Il sillonne le centre de la province en vélo avec un photographe, M. Clément Dessart, afin d’immortaliser de nombreux bâtiments et sites remarquables. C’était l’époque des appareils photographiques avec des plaques en verre 9/12 puis du fameux Leika dont il aimait tant rappeler les qualités. Il s’agissait d’un premier inventaire du patrimoine photographique et systématique pour la province de Luxembourg. Grâce à eux, ces photos sont de précieux documents éclairant les historiens d’aujourd’hui.

C’est tout naturellement que, peu après la guerre et jusqu’en 1989, il rejoint la Commission royale des Monuments et Sites.

 

Peu de temps après son arrivée à Neufchâteau, il est contacté par Louis Gourdet qui lui propose de rédiger, ensemble, l’histoire du Pays de Neufchâteau. Vaste programme. Son souci du détail et son perfectionnisme ont repoussé plusieurs fois la parution de cet ouvrage, publié en 1956 et qui va vite devenir une référence pour les chercheurs en histoire locale (pas seulement chestrolaise).

Il prend goût à l’édition et, avec François Bourgeois, se lance dans la publication de la revue « Ardenne et Famenne » d’une haute tenue scientifique. 42 numéros seront publiés. Le travail est important, à une époque où mail, internet, ordinateur et programme de mise en page n’existaient pas.

En 1967, il est un des fondateurs du cercle « Terre de Neufchâteau ». L’exposition sur l’histoire et le patrimoine de Neufchâteau en 1968, dont il est un des initiateurs, sera un complément visuel à son ouvrage paru 12 ans plus tôt. Il reste une des chevilles ouvrières du cercle jusqu’à la fin.

 

L’Académie luxembourgeoise lui ouvre la porte dès 1947. Il y côtoie l’intelligentsia artistique et culturelle luxembourgeoise. Il fait partie également de différentes sociétés scientifiques, notamment l’Institut Archéologique du Luxembourg à Arlon.

 

Pédagogue, il est souvent sollicité par des élèves (du primaire à l’universitaire). Il les accueille chez lui pour leur prodiguer ses conseils, corriger et toiletter les textes. Qui ne se souvient des épreuves corrigées par de nombreux bouts de papier collés et recollés sur la feuille ? Cela en devenait une œuvre d’art.

 

Je pourrais également parler de sa passion pour la pêche, pour la nature.

 

Naturellement modeste, il n’a jamais cherché les honneurs qu’il aurait facilement pu obtenir. Cependant, les dernières années de sa vie, il avait reçu deux hommages qui lui avaient été droit au cœur : il avait été fait citoyen d’honneur de Neufchâteau en 2007 (une salle du moulin Klepper porte son nom) et un cercle d’amis avaient réalisé un liber amicorum reprenant 35 articles rédigés par des personnes ayant travaillé ou connu de près A. Geubel.

 

S’en ajoute un troisième aujourd’hui : l’école qui l’a vu donner le meilleur de lui-même pendant toute sa carrière va porter officiellement son nom. En Afrique, on dit qu’un sage qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. Par son souci de transmission du savoir, il aura tout fait pour en limiter les dégâts. Son nom, donné à cette école, sera comme un phare qui guidera les élèves vers la voie du Savoir et de l’Excellence qui sont les caractéristiques de l’Honnête Homme qu’était Arsène Geubel.

 

 

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